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Séance
du 16 février 2005
L'émergence
et la Complexité Biologique
Jacques RICARD
Institut
Jacques Monod, CNRS, Universités Paris 6 et Paris 7
Résumé
Les réseaux
biologiques possèdent une organisation qui est en fait l'expression
d'une information. Une fonction, I(X:Y)N
, appelée information mutuelle d'intégration, définit,
sur des bases quantitatives, trois types possibles d'organisation. Si
I(X:Y)N = 0, les propriétés
du système global XY peuvent être réduites
à celles des sous-systèmes constitutifs X et Y.
Ainsi, XY n'est pas un vrai système possédant des
propriétés collectives, mais le simple regroupement de
X et de Y. Ses propriétés sont simplement
celles des sous-systèmes X et Y. Si I(X:Y)N
>0, le système est intégré. Bien qu'il se comporte
comme un tout cohérent, il ne possède que peu de propriétés
collectives. Enfin, si I(X:Y)N <0,
le système peut être considéré comme complexe,
car il possède de nombreuses propriétés émergentes
qui ne peuvent pas être prédites à partir de l'étude
indépendante de ses deux sous-systèmes X et Y.
Dans un système biologique, l'émergence d'information
signifie habituellement l'émergence d'une fonction. C'est probablement
ce qui se passe avec les enzymes. Si une protéine fixe deux ligands
théoriquement capables d'interagir, et si la condition évoquée
plus haut est satisfaite, alors la protéine se comporte comme
une enzyme capable de catalyser effectivement la réaction chimique
entre les réactifs considérés.
Abstract
Biological networks
possess an organization that expresses their potential information.
A function, I(X:Y)N , called mutual
information of integration, define, on a quantitative basis, three types
of organization. If I(X:Y)N =
0, the properties of the global system XY can be reduced
to the properties of its component sub-systems X and Y.
Hence, XY is not a real system displaying collective properties but
the mere collection of X and Y. Its properties are the
properties of the sub-systems X and Y. If I(X:Y)N
>0 , the system is integrated. Although it behaves as a coherent
whole, it does not possess many collective properties. Last, if I(X:Y)N
0, the system possesses emergent collective properties
and can be considered complex for it possesses many collective properties
that cannot be predicted from the independent study of component sub-systems
X and Y. In a biological system, the emergence of information
usually means the emergence of a novel function. This is probably what
is occurring with enzymes. If a protein binds two ligands able to interact,
and if the condition above is fulfilled, then the protein behaves as
an enzyme able to allow a catalytic reaction between the two reagents.
Séance
du 19 octobre 2005
La
réparation cutanée
Les collagènes du derme : au-delà de leurs propriétés
structurales
Florence Ruggiero,
Muriel Roulet et Christelle Bonod-Bidaud
Institut de Biologie et Chimie des Protéines,
UMR CNRS 5086, IFR128 BioSciences Lyon-Gerland, 7 Passage du Vercors,
69367 Lyon cedex 07.
Summary :
Dermis collagens: from their structural properties onwards.
The extracellular matrix is a complex network composed of macromolecules
such as collagens, proteoglycans and elastin that strongly interact
with each other and with cells to maintain the structural integrity
of many tissues. These interactions also sustain important cell programs
such as migration, proliferation, differentiation and apoptosis. The
skin, and more specifically the dermis, contains an extreme diversity
of macromolecules that reflects the importance of the composition and
organization of the matrix components in providing physical properties
and function of the tissues. The most abundant matrix components are
the collagens that form a super-family of 27 different members which
are divided into different subgroups. The fibrillar collagens, types
I, III and V, the FACIT collagens, types XII, XIV and XVI, and the collagen
VI are all expressed in the collagen-rich dermis. Although the structural
features of these collagens are now well characterized, their functions
remain elusive. Mutations in human collagen genes give rise to numerous
connective tissue diseases including dermis disorders. For example,
clinical manifestations in the classical Elhers-Danlos syndrome caused
by collagen V gene mutations occur predominantly in the dermis. However,
the genotype-phenotype relationship is not clearly established as well
as the relation between the distribution and the function of the collagens
in dermis. There is no doubt that the ongoing and future work using
in vivo approaches will provide new cues regarding the function of collagens
in dermis.
Résumé
:
La matrice extracellulaire est un réseau complexe de macromolécules
comme les collagènes, les protéoglycannes et l'élastine
qui s'imbriquent fortement les unes aux autres et qui, par l'intermédiaire
d'interactions avec les cellules environnantes, vont permettre le maintien
de la cohésion tissulaire. C'est grâce à ces nombreuses
connexions que se mettent en place la plupart des évènements
importants pour les grands programmes cellulaires à savoir, la
migration, la prolifération, la différenciation et l'apoptose.
La peau, et plus particulièrement le derme, est un exemple parfait
de cette grande variété de molécules dont l'organisation
et la composition doivent être parfaitement maintenues afin d'assurer
les propriétés biomécaniques et fonctionnelles
de ce tissu. Les collagènes sont les composants les plus abondants
des matrices extracellulaires et représentent une famille de
protéines de 27 membres différents. Mais ce sont
surtout les collagènes fibrillaires I, III et V, les collagènes
FACITs XII, XIV et XVI ainsi que le collagène de type VI qui
sont les plus représentés dans le derme. Ces molécules
sont à présent très bien caractérisées
du point de vue de leur structure, mais leur fonction demeure toujours
un peu floue. De nombreux gènes ont déjà été
identifiés comme étant responsables de pathologies du
tissu conjonctif et plus particulièrement de la peau. Les gènes
codant le collagène V sont, par exemple, la cible de nombreuses
mutations conduisant au syndrome d'Ehlers-Danlos classique qui est une
maladie qui atteint principalement la peau et la structure du derme.
Cependant, il semble clair qu'il est très difficile d'établir
un lien réel entre génotype et phénotype mais également
un lien entre la localisation et la fonction, pour ces molécules.
Ce sont sans doute des études in vivo, dont nombreuses sont d'ailleurs
en cours de réalisation, qui devraient apporter des réponses
plus claires à toutes ces interrogations.
La peau reconstruite : modèle d'étude du kératinocyte,
du fibroblaste et de leurs interactions. Effets des ultraviolets, dommages
et réparation
Françoise
BERNERD
L'Oréal Recherche, Centre C. Zviak, 90 rue
du général Roguet, 92583 Clichy, France.
RESUME :
Le rôle de protection de la peau est apporté par les deux
tissus majeurs, le derme et l'épiderme. L'une des principales
agressions est l'exposition aux rayonnements ultraviolets solaires,
dont les conséquences à long terme sont le vieillissement
photo-induit et l'apparition de cancers. La caractérisation de
la réponse de la peau face aux UV est un point essentiel pour
prévenir ou corriger ces effets. L'approche in vitro dite organotypique
consiste à reconstruire de la peau à partir de cellules
humaines en culture et d'éléments matriciels. Ainsi le
modèle de peau reconstruite peut comporter un épiderme
différencié, mais aussi un derme équivalent vivant
contenant des fibroblastes. Les effets induits par les UV B ont pu être
reproduit dans le modèle. Ils sont localisés dans l'épiderme
et sont identiques à ceux observés dans la peau humaine
lors d'un coup de soleil modéré, notamment l'apparition
dans les kératinocytes des lésions à l'ADN spécifiques
des UVB. Des altérations caratéristiques d'exposition
aux rayonnements UVA ont aussi été identifiées
dans les fibroblastes et ont pu être reliées aux dommages
dermiques associés au phénomène de photovieillissement.
L'interaction entre les deux types cellulaires a été illustrée
dans la production de la MMP-1. Les dommages occasionnés par
les UV sont en général réparés par des systèmes
spécialisés. Un modèle déficient dans la
réparation des lésions induites par les UVB a pu être
développé grace à l'utilisation de cellules de
patients atteints de Xeroderma Pigmentosum, une maladie génétique
de la réparation de l'ADN caractérisée par une
hypersensibiltié aux UV et une très forte prédisposition
aux cancers cutanés sur les zones exposées. Dans ces études
des traits phénotypiques particuliers ont pu être révélés
au niveau du fibroblaste XP-C suggérant des interactions stroma-épithélium
impliquées dans le développement des signes cliniques.
Enfin, dans un contexte de correction de certaines altérations
de la peau photo-endommagée, des effets bénéfiques
de la vitamine C ont été identifiés, particulièrment
au niveau de la jonction dermo-épidermique (JDE). Ces effets
ont ensuite permis d'approfondir la participation respective des deux
types cellulaires majeurs dans la morphogénèse de la JDE.
L'ensemble de ces travaux apporte une vison globale et tissulaire de
la réponse aux rayonnements UV dans un système in vitro
et illustre l'intérêt plus large de ces outils biologiques
en biologie cellulaire. L'amélioration des modèles, notamment
par l'incorporation d'autres types cellulaires, devrait permettre d'affiner
encore nos connaissances.
SUMMARY :
Human reconstructed skin in vitro as a model to study the keratinocyte,
the fibroblast and their interactions: photodamage and repair processes.
The protective role of the skin is provided by the two major compartments
of the skin, dermis and epidermis. Both are affected in long term consequences
of sun exposure such as skin photoaging and cancer development. Characterization
of UV-induced skin response at cellular and molecular levels is needed
for prevention or correction of these long term effects. The reconstructed
human skin in vitro, comprising both a living dermal equivalent and
a fully
differentiated epidermis represents a predictive tool to characterize
wavelength and cell type
specific biological damage together with a tissular distribution. While
UVB directly affects epidermis, inducing DNA lesions and apoptotic sunburn
keratinocytes, UVA radiation can directly target the dermal compartment
through ROS generation, dermal fibroblasts alterations and extracellular
matrix (ECM) modifications. Interactions between the two compartments
have also been found, especially for MMP1 induction. In the normal population,
photodamage can be repaired through specialized systems. Using skin
cells from Xeroderma pigmentosum (XP) patients, (a photosensitive and
cancer-prone disease), a DNA-repair deficient skin in vitro has been
developped. Specific features due to intrinsic XP cells phenotype have
been discovered, some of them being indicative of early steps of neoplasia
and suggest a particular role for stroma-epithelium interactions. Finally,
human reconstructed skin can be used for approaches designed to regenerate
photodamaged skin. The dermal-epidermal junction (DEJ), which is crucial
for skin cohesion, is drastically altered in photo-aged skin. The three-dimensional
skin model allowed to visualize the improving effects of vitamin C on
the DEJ. Modified skin models, lacking one cell type, allowed us to
determine the cellular origin of the different markers, their spatial
localization, and the respective roles and interactions of keratinocytes
and fibroblasts during DEJ formation. All together these studies give
a global and tissular view concerning the effects of UV light on skin
cells and emphazise the interest of such models for general aspects
of cellular biology. By allowing the control of cells used to reconstruct
the model and their origin, it is possible to assess the respective
role of the two major cellular actors of the skin as well as their interactions.
The permanent research to improve such models by incorporating other
cell types may certainly raise to even more relevant models.
Les collagènes associés aux membranes basales et leurs
matricryptines
Sylvie Ricard-Blum et Clément Faye
Institut de Biologie et Chimie des Protéines
UMR 5086 CNRS - UCBL, IFR 128 Biosciences Lyon-Gerland Lyon Cedex 07
SUMMARY :
Collagens associated to basement membranes and their matricryptins
The superfamily of collagens is comprised of 27 members (reviewed by
Myllyharju & Kivirikko, 2004 - Ricard-Blum & Ruggiero, 2005
- Ricard-Blum et al., 2005 ), which are classified into several subgroups
according to their structural features and supramolecular assemblies.
Fibrillar collagens and FACITS (Fibril-Associated Collagens with Interrupted
Triple helix) are described in the paper by Ruggiero et al. in this
issue. Our paper reports recent advances on collagens associated to
basement membranes. Due to space limitations, this paper is focused
on the multiplexin family (including collagens
XV and XVIII) and on membrane collagens present in skin, namely collagens
XIII and XVII. The mechanisms leading to the shedding of their ectodomain
from cell membrane and the biological roles of their shedded domains
are discussed.
The last part of the paper is devoted to several fragments of basement
membrane collagens, called matricryptins or matrikins, and to their
biological activities.
RESUME :
Les collagènes constituent une superfamille qui compte actuellement
27 membres (revues par Myllyharju & Kivirikko, 2004 - Ricard-Blum
& Ruggiero, 2005 - Ricard-Blum et al., 2005 ) qui sont classés
en plusieurs sous-groupes. Les collagènes fibrillaires ainsi
que les collagènes associés aux fibrilles (FACITs: Fibril-Associated
Collagens with Interrupted Triple helix) sont décrits dans l'article
de Ruggiero et al. publié dans ce numéro. Notre article
fait le point sur les avancées récentes concernant les
collagènes associés aux membranes basales. En raison du
nombre limité de pages, il sera plus particulièrement
consacré aux multiplexines, les collagènes XV et XVIII,
ainsi qu'aux collagènes XIII et XVII qui sont des protéines
membranaires synthétisées notamment par les kératinocytes.
Les mécanismes de libération ainsi que les rôles
biologiques des
ectodomaines de ces collagènes sont discutés. La dernière
partie de l'article est consacrée aux fragments biologiquement
actifs des collagènes associés aux membranes basales,
fragments qui sont désignés collectivement sous le nom
de matricryptines ou matrikines, et à leurs principales fonctions.
Les matricryptines issues d'autres macromolécules extracellulaires
présentes dans la peau ou dans la jonction dermo-épidermique
font l'objet de la conclusion.
Interactions
fonctionnelles entre la voie de signalisation du TGF-b
par les Smads et le TNF-a : Implications
dans la régulation de l'expression du collagène de type
I
Franck VERRECCHIA
INSERM U697 Hôpital Saint-Louis, Pavillon Bazin,
Paris
Summary :
TGF-b and TNF-a
: antagonistic cytokines controlling type I collagen gene expression.
The balance between production and degradation of type I collagen plays
a critical role in the development and maintenance of organ and tissue
integrity. Its also represents the most crucial element governing the
process of tissue repair. TGF-b , a key player
in the physiopathologiy of tissue repair, enhances type I collagene
gene expression. In contrast, TNF-a , whose
matrix-remodelling function is opposite to that of TGF-b
, reduces type I collagen gene expression. This review focuses on transcriptional
regulation of
type I collagen by TGF-b and TNF-a
, and on the molecular mechanisms that control the antagonistic activity
of TNF-a against TGF-b-driven
type I collagen gene expression.
Résumé
:
L'équilibre entre la production et la synthèse du collagène
de type I joue un rôle crucial dans le maintien de l'homéostasie
tissulaire et dans le contrôle de la réparation tissulaire.
Le TGF-b , qui joue un rôle essentiel
dans le remodelage matriciel, augmente l'expression du collagène
de type I. A l'opposé, le TNF-a ,
dont l'action sur le remodelage matriciel est opposée à
celle du TGF-b, réprime l'expression
du collagène de type I. Cette revue résume les connaissances
actuelles sur la régulation transcriptionnelle du collagène
de type I par le TGF-b et le TNF-a
, et sur les mécanismes moléculaires gouvernant les interactions
fonctionnelles entre la voie de signalisation du TGF-b
et du TNF-a.
Potentiel thérapeutique
des cellules souches mésenchymateuses humaines dans les lésions
cutanées radioinduites.
Morad
Bensidhoum1 , Stéphanie Gobin1,2
, Alain Chapel3, Gilles Lemaitre1,2,
Stéphan Bouet4, Gilles Waksman1,2,
Dominique Thierry3 et Michèle T Martin1,2.
1Service de Génomique Fonctionnelle, CEA,
2 rue Gaston Crémieux, Evry, 91057 France
Contribution
égale des deux premiers auteurs
Résumé :
Les connaissances récentes acquises sur les cellules souches
adultes permettent d'envisager des applications de thérapie cellulaire
pour la cicatrisation cutanée. Les cellules mésenchymateuses
(CSM), issues de la moelle osseuse, sont des cellules candidates pour
une telle application car elles sont multipotentes. Après un
traitement anticancéreux par radiothérapie, les séquelles
cutanées sont fréquentes et posent des problèmes
thérapeutiques non résolus. Nous avons donc testé
chez la souris NOD/SCID la capacité de CSM d'origine humaine
à participer à la cicatrisation d'une peau irradiée.
Dans ce modèle, une lésion cutanée sur une patte
arrière est obtenue par une exposition à 30 Gy de rayons
gamma. Le pic de lésions est situé autour de la troisième
semaine et la cicatrisation est complète à treize semaines.
Les cellules souches humaines sont injectées par voie intraveineuse
vingt quatre heures après irradiation. L'analyse du score clinique
montre une diminution significative de la sévérité
des lésions chez les souris greffées. Six semaines après
l'exposition, la présence de cellules dérivées
des CSM humaines est détectée dans les zones cicatricielles
par PCR quantitative et en histologie. Ces premiers résultats
montrent que les cellules souches mésenchymateuses injectées
par voie intraveineuse sont capables de migrer vers une lésion
cutanée et de participer directement à sa réparation.
Ils ouvrent des perspectives de thérapie cellulaire par les CSM
pour la cicatrisation cutanée.
Therapeutic effect
of human mesenchymal stem cells in skin after radiation damage.
Summary :
At present, over 50% of all cancer patients receive radiotherapy at
one stage in their treatment course. Inevitably skin is one of the most
frequently damaged tissue due to its localization and constant turn-over.
Our present goal is to reduce radiation-induced complications in human
skin through stem cell therapy, particulary in human epidermis. Mesenchymal
Stem Cells (MSCs) has been shown to be multipotent cells able to engraft
in many tissues after injury. Herein, we isolated human MSCs and tested
their capability to improve skin wound
healing after irradiation. This potential was assessed in NOD/SCID mice
which received 30 Gy locally on the thigh. This dose caused local epidermis
necrosis within 3 weeks which was repaired within 13 weeks. MSCs have
been intravenously injected in irradiated mice 24 hours after exposure.
Establishment of a clinical scoring throughout the 6 weeks gave indications
that human MSCs reduced the extent of damage and accelerated the wound
healing process. We show by qPCR and histological studies the presence
of human MSCs derived cells into the scar. Human MSCs homed to the damaged
skin and participated to the wound healing process. These results open
prospects for cellular therapy by MSCs in irradiated epithelial tissues
and could be extended to all the general field of the cutaneous cicatrization,
particularly after burning.
La biologie du follicule pileux
Bruno A.Bernard
L'OREAL Recherche, Centre C.Zviak, Clichy
Summary:
the biology of hair follicle
The human hair follicle is a unique appendage which results from epithelio-mesenchymal
interactions initiated around the 3rd month of development. This appendage
has a very complex structure, with more than 20 different cell types
distributed into 6 main compartments, namely the connective tissue sheath,
the dermal papilla, the outer root sheath, the inner root sheath, the
shaft and the sebaceous gland. The pigmentation unit, responsible for
hair color, is made of fully active melanocytes located on top of the
dermal papilla. This complex appendage has a unique behavior in mammals
since, after a hair production phase, it involutes in place before entering
a resting phase after which it renews itself under a cyclical but stochastic
way, out of a double reservoir of pluripotent stem cells able to also
regenerate epidermis. The pigmentation unit also renews itself under
a cyclical way, out of a melanocyte progenitor reservoir which progressively
declines with time, provoking the hair whitening process. Finally, the
shape of the hair shaft is programmed from the bulb. The hair follicle
thus behaves as a fully autonomous skin appendage with its own hormonal
control, its own autocrine and paracrine network, its own cycle, in
a word it appears as an incredibly complex and stable structure which
summarizes the main rules of tissue homeostasis.
résumé
:
Le
follicule pileux humain est une annexe de la peau, qui résulte
d'interactions épithélio-mésenchymateuses initiées
au troisième mois de la vie embryonnaire. Cette structure complexe
comporte pas moins d'une vingtaine de types cellulaires répartis
en six grands compartiments, à savoir la gaine conjonctive, la
papille dermique,
la gaine externe, la gaine interne, la tige pilaire et la glande sébacée.
L'unité de pigmentation, responsable de la couleur du cheveu,
est composée de mélanocytes constitutivement actifs, localisés
à la périphérie et au sommet de la papille dermique.
Le follicule pileux a l'unique propriété de se renouveler
de façon cyclique, asynchrone et stochastique, à partir
d'un double réservoir de cellules souches capables aussi de régénérer
l'épiderme. Ce renouvellement touche aussi le compartiment pigmentaire,
qui se régénère à partir d'un réservoir
de mélanocytes progéniteurs, dont le déclin progressif
avec le temps est responsable du blanchissement du cheveu. Enfin, la
forme même du cheveu est programmée par le bulbe. Le follicule
apparaît donc comme une annexe cutanée totalement autonome,
avec son propre contrôle hormonal, son propre réseau de
boucles autocrines et paracrines, son propre cycle, bref une structure
incroyablement complexe et stable, qui résume à elle seule
les grandes lois de l'homéostasie tissulaire.
Séance du 22 juin 2005
Les récepteurs de la vasopressine : structure fonctionnelle
et transduction signalétique dans les cellules cibles
Jessica
ROBERT & Eric CLAUSER
Département d'Endocrinologie et Métabolisme
et Cancer - Institut Cochin
INSERM U567. UMR8104 CNRS - Université Paris V, Faculté
de Médecine Cochin, Paris
Résumé
:
La
vasopressine, hormone hypothalamique exerce ses effets par l'intermédiaire
de 3 récepteurs couplés aux protéines G. Les récepteurs
V1a et V1b, associés à une protéine Gq et la phospholipase
C, sont responsables des effets vasoconstricteur et régulateur
de l'axe corticotrope respectivement. Le récepteur V2, couplé
à une protéine Gs et l'adenylyl cyclase, est responsable
de la réabsorption de l'eau au niveau du tube collecteur rénal.
Des mutations de ce dernier récepteur se sont avérées
impliquées dans le diabète insipide et le défaut
moléculaire le plus fréquent est un blocage du récepteur
muté dans le réticulum endoplasmique (RE). Avec le récepteur
V1b comme modèle, nous avons montré qu'une séquence
C-terminale proximale était essentielle pour l'adressage membranaire
du récepteur. Un mutant de ce domaine s'accumule dans le RE et
est dégradé. Le SSR149415, antagoniste non peptidique
du V1bR, perméant aux membranes biologiques, est cependant capable
de rétablir le phénotype normal de ce mutant et agit donc
comme un chaperon pharmacologique.
Summary:
Vasopressin receptors : structure/function relationships and signal
transduction in target cells Vasopressin, a hypothalamic hormone, acts
on its target tissues via 3 different G protein coupled receptors. The
vasopressin V1a and V1b receptors, associated to Gq protein and phospholipase
C, are responsible for vasoconstriction and regulation of the corticotroph
axis respectively. The V2 vasopressin receptor is coupled to Gs protein
and adenylyl cyclase and is responsible for water reabsorption in the
renal collecting duct. Mutations of the V2 receptor are involved in
diabetes insipidus and most of these mutations result in an endoplasmic
reticulum (ER) retention of the mutated receptor. With the V1b receptor
model, we have identified a proximal sequence of the C-terminal segment,
which is crucial for ER export. Mutations in this short domain result
in ER accumulation and degradation of the receptor. SSR149415, a nonpeptide
antagonist of V1bR, which is permeable to cell membrane, is able to
rescue tthe mutant phenotype and acts as a pharmacological chaperone.
Régulation
par la vasopressine de la réabsorption de NaCl dans le tubule
collecteur rénal
Alain Vandewalle,
INSERM U773, Centre de Recherche Biomédicale Bichat-Beaujon
(CRB3), BP416, F 75018 Paris France; Université Paris 7 - Denis
Diderot, site Bichat, Paris, F-75870 Paris, France
Summary:
Regulation by vasopressin of NaCl absorption in the renal collecting
duct. In the kidney, the fine control of NaCl absorption takes place
in the distal nephron and is controlled by aldosterone and vasopressin.
This review summarizes the effects of vasopressin on Na+
transport mediated by the amiloride-sensitive epithelial sodium channel
(ENaC) and the cystic fibrosis transmembrane conductance regulator
(CFTR) Cl- conductance in immortalized or primary cultured cortical
collecting duct cells expressing either the wild-type ENaC subunits
or mutations or deletions of the PY domain of the b-
or g -ENaC subunits responsible for Liddle's
syndrome, an inherited form of hypertension due to excessive salt absorption.
Résumé
:
Dans le rein, les parties terminales du tubule rénal sont le
siège d'une régulation fine de la réabsorption
de NaCl par la vasopressine et l'aldostérone. Cette revue résume
les connaissances sur les effets de la vasopressine sur le transport
de Na+ dépendant du canal épithélial
sodique sensible à l'amiloride (ENaC) et le canal chlorure cystic
fibrosis transmembrane conductance regulator (CFTR) dans des lignées
immortalisées et des cultures primaires de tubules collecteurs
exprimant ou non des délétions du motif PY des sous-unités
b- ou g -ENaC
responsables de la maladie hypertensive de Liddle.
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